Pourquoi acheter une œuvre d’art?

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Dans le « Journal de Montréal » du 1er et du 4 juin 2007, je lis quelques articles très intéressants sous la plume de Martin Bisaillon. Il y parle particulièrement de salles de ventes aux enchères et de ventes de tableaux de peintres aujourd'hui disparus. Mais les preuves sont évidentes et les récentes publications reprennent ce que je disais déjà en 1960 et que j’écrivais en 1978. Mes dires et mes écrits ont été confirmés en 2007, et en 2012. Malgré la crise économique de 2008, les investissements en art se sont avérés être les meilleurs placements. Il suffit de penser aux ventes records de 2 000 000 du 1910 remembered de Jean-Paul Lemieux, de 1 600 000 $ pour un Riopelle en 2012 et des valeurs toujours croissantes d’œuvres d’artistes toujours vivants tels les Letarte, Carson, Marsan et beaucoup d’autres à titre d’exemple.

Au cours des années soixante déjà, j’étais marchand de tableaux itinérant et je sillonnais toute la province de Québec et une bonne partie de l’Ontario en transportant une trentaine de tableaux. Je trouve dans les articles de Martin Bisaillon les noms de tous les peintres dont je vendais des œuvres à cette époque. Ma clientèle était composée majoritairement de professionnels, de politiciens et d’hommes d’affaires. Naturellement, la plupart des artistes cités étaient encore en vie et j’en connaissais plusieurs. J’ai eu l’honneur de travailler avec une charmante et regrettée dame, madame Lange, propriétaire de la galerie « l’Art français » située rue Laurier, à Montréal. Sa galerie était bien connue pour la qualité des œuvres qu’elle proposait à sa clientèle. À chacun de mes voyages, elle me laissait choisir les tableaux que je voulais emporter. À mon retour, nous partagions les profits réalisés. Le choix était grand, on y trouvait les peintres du Groupe des Sept : Tom Thomson, Lawren Harris, A.Y. Jackson, J.E.H. Mac Donald, Frederick H. Varley, Arthur Lismer, Frank Johnson et Franklin Carmichael (eh oui, ils étaient huit à un certain moment), Suzor Côté, Osias Leduc, Henry Masson, Cosgrove, Iacurto, Marc Aurèle Fortin, Riopelle et bien d’autres. Les prix des œuvres de ces artistes variaient entre 200 $ et 1500 $.

L’achat d’une œuvre d’art : un investissement

Dans le corps de son article, Monsieur Bisaillon nous donne quelques aperçus de ventes aux enchères très édifiantes à Toronto, chez Ritchie’s/Sotheby’s.

Un Tom Thomson vendu à 934 000 $. L’esquisse à l’huile avait été évaluée entre 150 000 $ et 250 000 $. En 1963, je vendais du Tom Thomson entre 800 $ et 1400 $.

Récemment, la maison d’encan Heffel vendait un tableau de J.P. Riopelle à 1 000 667 $. En 1962, je vendais un Riopelle de son excellente période dite « Mosaïque » (1950 à 1960), d’un format de 24 x 30 po au prix de 1 200 $. Mon profit était approximativement de 40 %.

À Vancouver, une œuvre de Lawren Harris a été vendue à 2 875 000 $. Je vendais des œuvres de cet artiste, entre 1960 et 1965, à des prix variant 1000 $ et 2000 $.

Un tableau 20 x 24 po de M.A. Fortin se vendait : 150 $ en 1960, 400 $ en 1970, 1500 $ en 1978, 24 000 $ en 1988, pour un 25 x 30 po, 92 589 $ en 2002, pour un 35 x 45 po. Et ce, à Copenhague, à Londres et au Canada.

Une huile d'Arthur Lismer 12 x 16 se vendait 1700 $ en 1976. Imaginez-en le rendement en 2007. René Richard vendait un 24 x 30 250 $ en 1960 et 450 $ en 1970, mais en 1978 ce même format de tableau se vendait déjà 4800 $, en 1976. Des exemples de ce genre j’en ai des centaines. En conclusion, il nous faut constater qu’il n’est pas un seul marché qui puisse rivaliser avec le marché de l’art en ce qui concerne la « plus value ». Qui plus est, les gens d’affaires et les professionnels bénéficient largement du régime fiscal à l’achat d’œuvres d’art.

Un Tom Thomson d'un petit format : 8,5 X 10,5 se vendait :
Prix Année Galeries ou salles de ventes Villes
16 000 $ 1970 Galerie Klinkhoff Montréal
35 000 $ 1978 Galerie Klinkhoff Montréal
175 000 $ 1992 Sotheby's Toronto
90 000 $ 2000 Sotheby's Toronto
428 000 $ 2005 Sotheby's & Ritchie's Toronto
675 000 $ 2006 Heffel Vancouver
400 000 $ 2007 Heffel Vancouver
2 350 000 $ 2009 Heffel Toronto

 

Ces chiffres parlent d’eux-mêmes. Dans la prochaine édition de mon livre « Investir dans les œuvres d’art » j’apporterai de nombreux exemples de la valeur constante des œuvres d’art au travers des décennies. La première édition publiée en 1978 dans laquelle je donnais déjà un avis très précis au sujet du placement en œuvres d’art, a été rééditée en 1982 et en 1988 et devant la demande nous préparons actuellement une 4e édition : Investir dans les œuvres d’art au XXI ͤ siècle. Plusieurs de mes clients ou même leurs enfants doivent aujourd’hui se tordre de rire devant les bonnes affaires réalisées depuis 1960.

Malheureusement, RIEN ne semble avoir changé et le grand public n’a pas encore compris qu’il est possible de réaliser des profits de loin supérieurs à tous les placements existants, et ce, en utilisant le temps, comme toutes les formes de placements, je parle ici de valeurs d’art, c'est-à-dire de bons tableaux, qu’ils soient, à l’huile, à l’acrylique, à l’aquarelle ou au pastel.

MAIS encore, il faut savoir quels sont les artistes qui offrent le plus de potentialité d’atteindre des sommets en ce qui concerne le marché de leurs œuvres. Les meilleures preuves de mes dires, on les découvre dans mes livres publiés depuis 1978. Alors, que l’on ne vienne pas me dire que c’est impossible, l’article de Bisaillon en est aussi une preuve. Les œuvres qui aujourd’hui se vendent à 500 000 $, 1 000 000 $ ou 2 000 000 $ ont été réalisées par des artistes qui à leur époque étaient dans la même situation que nos artistes d’aujourd’hui, et parmi nos artistes actuels, plusieurs déjà s’annoncent comme des gagnants dont nous verrons les œuvres se vendre dans 10, 20 ou 30 ans à 5, 10, 20 ou 50 000 000 $ (comprenant une inflation possible). Voilà de quoi s’assurer une belle retraite ou un héritage des plus intéressants.

Je me répète, de nombreux artistes peintres d’aujourd’hui nous offrent des possibilités identiques à celle que nous avions il y 20, 30 ou 40 ans.

On ne peut oublier que les entreprises peuvent s’acheter des tableaux sans aucuns frais grâce aux mesures fiscales concernant les œuvres d’art autant au fédéral qu’au provincial. Je recommande de vous adresser à votre comptable qui est certainement au courant de ses mesures. Vous pouvez ainsi acquérir des œuvres d’art que vous pourrez défalquer de vos impôts de l’ordre de 20 % au fédéral et 33 % au provincial par année. Il faut, bien entendu, que l’achat soit fait pour apporter un revenu à l’entreprise et qu’elle soit exposée à la vue des clients, cette œuvre doit avoir été créée par un artiste canadien.

Louis Bruens, écrivain d'art
Expert-conseil en marché de l'art
Fondateur de l'AIBAQ
http://www.artacademie.com/